Batteries lithium vs plomb-acide : que choisir pour l'Afrique de l'Ouest ?
Le choix de la technologie de batterie est souvent la décision la plus lourde de conséquences d'un projet solaire — elle pèse sur le coût initial, mais surtout sur le coût réel à l'usage, une fois ramené au nombre d'années de service. Les batteries plomb-acide (AGM, gel, ou ouvertes) restent les moins chères à l'achat et les plus simples à faire réparer localement, deux atouts réels en zone rurale où la chaîne logistique de pièces de rechange peut être longue. Leur inconvénient majeur est une durée de vie sensible à la profondeur de décharge : les vider régulièrement en dessous de 50 % de leur capacité raccourcit fortement leur nombre de cycles utiles. Les batteries lithium (LiFePO4 en tête, pour sa stabilité thermique) coûtent significativement plus cher à l'achat, mais tolèrent des décharges profondes répétées, pèsent moins lourd, et offrent en général deux à trois fois plus de cycles de charge/décharge qu'un plomb-acide équivalent. Ramené au coût par kWh réellement livré sur la durée de vie de la batterie, l'écart de prix initial s'efface souvent, voire s'inverse. Un facteur souvent sous-estimé, particulièrement pertinent sous le climat de l'Afrique de l'Ouest : la température. La chaleur accélère le vieillissement chimique de toute batterie, plomb comme lithium, mais pas dans les mêmes proportions ni au même rythme selon la technologie et la qualité du système de gestion de batterie (BMS). Une batterie installée dans un local mal ventilé, exposée en plein soleil, vieillira mesurablement plus vite qu'une batterie équivalente installée à l'ombre et ventilée — un paramètre de conception aussi important que le choix de la technologie elle-même. En pratique, le plomb-acide reste défendable pour un petit budget avec un usage modéré ; le lithium devient le choix rationnel dès que l'installation est dimensionnée pour un usage quotidien intensif ou que le coût total sur dix ans est comparé sérieusement.